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Acoso sexual a periodistas en Francia?????Y aqui quien se atreve??

« Tapin », « jolie robe » et « question de fille », des femmes journalistes dénoncent le sexisme des hommes politiques

Dans la fameuse salles des Quatre-Colonnes à l'Assemblée.
Dans la fameuse salle des Quatre-Colonnes à l'Assemblée.
La scène se passe à l'Assemblée nationale, à l'Elysée ou dans l'avion d'un candidat à l'élection présidentielle. Un homme passe la main dans les cheveux d'une femme, fixe l'échancrure de sa robe, l'invite à terminer une conversation à l'hôtel ou lui dit, au sujet de sa tenue, qu'il la préférerait « sans rien en dessous ».
Ceci n'est pas le scénario d'une romance politique. C'est la réalité de femmes journalistes qui couvrent la politique en France. Quarante d'entre elles dénoncent dans une tribune, publiée lundi 4 mai par Libération, les faits de sexisme qui ponctuent leur quotidien auprès d'élus, de conseillers politiques et de ministres avec qui elles ne partagent rien de privé.
Hélène Bekmezian, journaliste qui couvre le Parlement pour Le Monde, fait partie des signataires de cette tribune, initiative de nos consœurs de Libération. 
« Elles savaient que beaucoup de femmes journalistes politiques de terrain partageaient à peu près le même quotidien et, en passant des coups de fil à plusieurs d’entre elles – dont moi –, cela s’est confirmé. Nous avons donc décidé de rassembler toutes nos expériences dans un même texte pour dénoncer ce comportement sexiste de certains hommes qui continuent d'agir ainsi en toute impunité. »
« Et vous, vous rêvez de moi la nuit ? »
Regards insistants, remarques lourdingues, tentatives de séduction allant jusqu'au harcèlement, le texte énumère ainsi une série d'anecdotes caractéristiques d'une « ambiguïté » toute sexuelle « souvent entretenue par les hommes politiques ». 
Il y a les regrets sur l'absence de décolleté, la « jolie robe » qui justifie qu'on réponde à sa question en premier, la comparaison avec des prostituées qui font « le tapin » et« attendent le client » ou l'insistance pour se rencontrer « le soir, hors des lieux et des horaires de boulot ». Les questions ouvertes : « Et vous, vous rêvez de moi la nuit » ou celui qui demande, après ses vacances, si elle est « bronzée vraiment partout ».
Il y a aussi les moments où les considérations sexistes viennent empiéter sur la relation professionnelle. Un soupir en conférence de presse, « ça c'est bien une question de fille », ou les marchés qu'ils tentent de conclure, monnayant une info contre « un apéro ».
« Nous avons choisi de ne citer aucune personnalité politique et d'anonymiser tous les exemples pour ne pas en faire une histoire de personnes et ne pas braquer les projecteurs sur tel ou tel responsable », explique encore Hélène Bekmezian.
« Symbole de la ringardise citoyenne et politique »
« Ni naïves ni caricaturales, nous savons que notre métier implique de construire une proximité et un lien de confiance avec nos sources », écrivent encore les quarante journalistes.
« Mais force est de constater que nous ne le faisons pas tout à fait comme nos camarades masculins, intégrant les contraintes du sexisme ambiant  : pas de tête à tête ou le moins possible, des tenues passe-partout et une vigilance permanente pour conserver le vouvoiement afin de maintenir ainsi la bonne distance entre un journaliste et son sujet. »
Et de regretter, près de quarante ans après Françoise Giroud, quatre après l'affaire DSK, que « les habitudes machistes, symboles de la ringardise citoyenne et politique » ne soient pas « en voie d'extinction », a fortiori chez « des élus de la République chargés de fabriquer la politique ».
« Ils sont issus de toutes les familles politiques sans exception, naviguent à tous les niveaux du pouvoir et n’ont droit à aucune impunité. Comme les autres. »
Dès sa publication, la tribune, qui fera la « une » de Libération mardi, a été saluée, notamment par des femmes politiques. « Ça claque, merci, mesdames », a ainsi tweeté la députée écologiste Cécile Duflot, « tribune édifiante et courageuse», renchérit la vice-présidente socialiste du Conseil régional d'Ile-de-France et conseillère de Paris, Marie-Pierre de la Gontrie, tandis que l'ancienne ministre socialiste Delphine Batho et la députée européenne écologiste Karima Delli la saluent d'un simple « bravo ».

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